← Retour au blog

Blessures au golf et comment les prévenir

Le golf passe souvent pour un sport doux, presque inoffensif. Pourtant, les salles de kinésithérapie reçoivent chaque semaine des golfeurs amateurs qui n'ont pas vu venir leur blessure. La répétition du swing, la rotation lombaire, les impacts répétés sur des terrains durs en hiver — tout cela finit par peser sur un corps qui n'a pas été préparé. Comprendre les mécanismes des blessures les plus fréquentes, c'est déjà faire la moitié du chemin vers leur prévention.

Le dos, première victime du swing

La douleur lombaire est de loin la blessure la plus répandue chez les golfeurs de tous niveaux. Le swing exige une rotation axiale intense, une extension en fin de mouvement et, chez beaucoup d'amateurs, une posture voûtée au-dessus de la balle. Cette combinaison génère des contraintes considérables sur les disques intervertébraux et les muscles paravertébraux.

Les études menées auprès de golfeurs amateurs montrent que la plupart des douleurs lombaires liées au golf apparaissent dans la partie gauche du bas du dos pour les droitiers, précisément là où la rotation est la plus marquée en fin de swing. La prescription standard — renforcement des abdominaux profonds, des fessiers et des muscles stabilisateurs de la hanche — reste la plus efficace. Un gainage régulier, pratiqué hors du terrain, protège mieux que n'importe quel ceinturon de soutien.

Le coude du golfeur et le coude du joueur de tennis

L'épicondylite médiale, connue sous le nom de 'coude du golfeur', touche le tendon interne du coude, là où convergent les muscles fléchisseurs du poignet et des doigts. La douleur apparaît typiquement à l'impact, quand la face du club heurte la balle ou, plus douloureusement encore, quand le fer prend d'abord la terre avant la balle.

L'épicondylite latérale, ou 'coude du joueur de tennis', est paradoxalement aussi fréquente chez les golfeurs, notamment chez les droitiers souffrant d'une mauvaise technique de la main gauche en phase descendante. Les deux formes se traitent de façon similaire : repos relatif, travail excentrique des avant-bras, et — surtout — correction technique. Frapper avec un grip trop serré, l'une des erreurs les plus communes parmi les amateurs, surcharge systématiquement les tendons du coude.

Les blessures de poignet et de main

Le poignet gauche (pour un droitier) absorbe l'essentiel de la contrainte à l'impact. La tendinite du poignet, les entorses du ligament scapholunaire et les fractures de fatigue du hamatum — cet os du carpe sollicité lors de la prise du grip — sont des diagnostics que les orthopédistes sportifs connaissent bien. Ces blessures touchent surtout les joueurs qui multiplient les séances au practice sans préparation physique adéquate.

La prévention passe par le renforcement des muscles intrinsèques de la main et des fléchisseurs de l'avant-bras, par des exercices avec une balle de rééducation ou des élastiques. Adapter l'épaisseur des grips peut également réduire la tension nécessaire pour tenir le club : un grip trop fin force à serrer davantage, un grip trop épais inhibe le relâchement naturel des poignets.

L'épaule et la coiffe des rotateurs

L'épaule gauche, qui guide le swing en phase descendante, est soumise à des contraintes de rotation interne considérables. Les tendinites du supra-épineux, les conflits sous-acromiaux et les lésions de la coiffe des rotateurs sont fréquents chez les golfeurs de plus de 45 ans, surtout ceux qui ont une mobilité thoracique limitée. Quand la colonne dorsale ne tourne pas suffisamment, l'épaule compense — et finit par en payer le prix.

Un programme de mobilisation thoracique, associé à des exercices de renforcement des rotateurs externes, constitue la meilleure prévention. Les physiothérapeutes spécialisés en golf insistent sur l'importance du travail en rotation externe résistée, peu spectaculaire mais fondamental pour maintenir l'épaule en bonne santé sur le long terme.

La hanche et le genou : des articulations souvent négligées

La rotation de hanche est au coeur du swing moderne, et les tendinites des adducteurs, les bursites du grand trochanter et les douleurs labiales de la hanche gagnent en fréquence à mesure que les joueurs cherchent à générer plus de vitesse. Le genou droit du droitier, qui reste fixe pendant la montée puis supporte une torsion lors de la descente, est exposé aux douleurs méniscales et aux problèmes ligamentaires chez les golfeurs qui jouent sur des terrains très fermes.

Marcher dix-huit trous représente environ six à sept kilomètres. Pour un joueur portant son sac, cela s'accompagne d'une contrainte articulaire significative. Le port d'un chariot électrique ou d'un trolley réduit la fatigue musculaire et limite les risques de blessures de fin de parcours, quand la technique se dégrade sous l'effet de la fatigue.

Prévenir plutôt que guérir : le protocole d'échauffement

Moins de cinq pour cent des golfeurs amateurs s'échauffent véritablement avant de jouer, selon les enquêtes menées par les fédérations européennes. C'est une erreur majeure. Un échauffement de dix minutes — mobilisation articulaire des chevilles, hanches, colonne thoracique, rotations des épaules, quelques swings progressifs avec un fer court avant de passer au bois — réduit significativement le risque de blessure musculaire.

Sur le practice, commencer par les fers courts plutôt que d'attaquer directement avec le driver protège les structures tendineuses encore froides. Terminer sa session par une série d'étirements des quadriceps, des fléchisseurs de la hanche et des muscles dorsaux prolonge les bénéfices du jeu bien au-delà du dernier trou.

Adapter son matériel et sa fréquence de jeu

Un matériel inadapté est souvent impliqué dans les blessures chroniques. Des fers avec un shaft trop rigide transmettent plus de vibrations à l'impact ; des grips usés obligent à serrer plus fort. Un fitting sérieux, réalisé chez un professionnel équipé d'un launch monitor, permet d'identifier les inadéquations entre le matériel et le swing du joueur.

La progression du volume de jeu mérite également attention. Reprendre après une pause hivernale en jouant quatre fois par semaine dès le mois de mars est une recette quasi assurée pour une tendinite. Augmenter graduellement — deux parties par semaine les deux premières semaines, puis trois — laisse aux tendons le temps de s'adapter à la charge.

Pour explorer les parcours qui correspondent à votre niveau et planifier votre saison de golf, ouvrez la carte et découvrez les terrains proches de chez vous ou dans vos destinations de voyage.