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Les femmes dans le golf

L'histoire du golf féminin est, à bien des égards, une histoire de conquête. Conquête de l'accès aux parcours, d'abord — les premiers clubs victoriens réservaient les femmes aux petits trous ou aux parties du matin à des heures socialement acceptables. Conquête de la reconnaissance professionnelle ensuite — la Ladies Professional Golf Association ne fut fondée qu'en 1950, soit quarante-cinq ans après la PGA américaine. Conquête de la parité médiatique et salariale enfin, un combat toujours en cours mais dont les progrès des vingt dernières années sont réels et documentés. Comprendre le golf féminin, c'est comprendre comment un sport a lentement révisé ses structures les plus conservatrices sous la pression de talents extraordinaires et d'une demande croissante.

Les pionnières : Babe Zaharias et les fondatrices de la LPGA

L'histoire du golf féminin professionnel américain commence avec une athlète hors norme : Mildred 'Babe' Didrikson Zaharias, double médaillée d'or olympique d'athlétisme en 1932, qui se reconvertit au golf et remporta dix Majors féminins entre 1940 et 1954. Sa force physique, sa flamboyance et sa capacité à attirer les foules firent d'elle l'outil de légitimation dont le golf féminin avait besoin pour exister en dehors des cercles amateurs. En 1950, Zaharias rejoignit treize autres joueuses — dont Patty Berg, Louise Suggs et Betty Jameson — pour fonder la LPGA. Le circuit débuta avec onze épreuves pour une bourse totale de 50 000 dollars. Soixante-quinze ans plus tard, le calendrier comprend plus de trente épreuves pour des dotations annuelles dépassant soixante-dix millions de dollars.

Mickey Wright : le swing parfait

Si Zaharias incarna la force brute, Mickey Wright représenta la technique pure. Considérée par la plupart des historiens du golf — et par Ben Hogan lui-même, qui ne complimentait personne — comme la meilleure technique féminine de l'histoire, Wright remporta quatre US Women's Open et quatre LPGA Championships entre 1958 et 1966, accumulant quatre-vingt-deux victoires sur le tour américain, un total que seule Kathy Whitworth dépassa (88 victoires) parmi les joueuses. Wright se retira prématurément à 34 ans, loin des feux de la rampe, mais son influence sur la mécanique du swing féminin est encore citée par les entraîneurs contemporains.

Annika Sörenstam : la domination suédoise

Entre 1994 et 2008, Annika Sörenstam fut ce que Tiger Woods fut au golf masculin : une dominatrice absolue qui redéfinit les standards de la performance. La Suédoise remporta quatre-vingt-dix victoires sur le LPGA Tour, dix Majors féminins, et fut la première joueuse à rendre une carte de 59 lors d'un tournoi du circuit, au Standard Register Ping en 2001. Son jeu était fondé sur une précision d'approche supérieure à tout ce qui existait, un travail physique révolutionnaire pour l'époque (elle fut l'une des premières joueuses à engager un préparateur physique à temps plein) et une capacité à gérer la pression qui relevait du domaine psychologique autant que technique. En 2003, elle joua un tournoi du PGA Tour — le Bank of America Colonial — sur invitation, manquant le cut mais frappant 300 mètres de long depuis les marques hommes. Sa fondation ANNIKA continue de soutenir le golf féminin junior à travers le monde.

Les Majors féminins et leur histoire

Le golf féminin possède cinq Majors reconnus, un chiffre supérieur aux quatre Majors masculins. Le US Women's Open, fondé en 1946, est le plus ancien et le plus prestigieux. Le AIG Women's Open (anciennement Ricoh Women's British Open), épreuve majeure depuis 2001, se joue sur des links britanniques et produit souvent les conditions les plus difficiles du calendrier féminin. Le Chevron Championship (ancien Dinah Shore, rebaptisé ANA Inspiration) se tient chaque avril à Rancho Mirage en Californie. The KPMG Women's PGA Championship est l'épreuve organisée par la PGA of America depuis 1955. Enfin, le Women's Amundi Evian Championship, organisé à Évian-les-Bains en France sur les rives du lac Léman, est le Major le plus récent (statut accordé en 2013) et le seul qui se joue sur le continent européen.

L'émergence asiatique et l'hégémonie coréenne

Depuis les années 1990, le golf féminin est profondément asiatique. La Corée du Sud a produit une génération extraordinaire de joueuses — Se Ri Pak, qui remporta deux Majors dès sa saison rookie en 1998 en portant ses chaussures dans un étang lors de l'US Open, a servi de déclencheur à une vague qui ne s'est jamais arrêtée. Depuis lors, les joueuses coréennes ont remporté la moitié des Majors féminins. Inbee Park, Park Sung-hyun, Ko Jin-young (qui a tenu le rang de numéro un mondiale pendant plus de cent semaines consécutives), Nelly Korda et Lydia Ko représentent aujourd'hui un panorama mondial où la domination historique américaine et australienne a été remplacée par un pluralisme géographique réel. Le Japon, la Thaïlande et la Nouvelle-Zélande ont chacun produit leurs propres étoiles.

La Solheim Cup : le pendant féminin de la Ryder Cup

La Solheim Cup, compétition biennale entre les équipes européenne et américaine créée en 1990 par le fondateur de Callaway, Karsten Solheim, est devenu le rendez-vous le plus suivi du golf féminin mondial. Le format est identique à la Ryder Cup — foursomes, four-balls et simples — et l'atmosphère des matchs, avec des tribunes de plus en plus garnies depuis les années 2010, rivalise en intensité émotionnelle avec son homologue masculin. L'équipe américaine domine le palmarès global, mais l'Europe a remporté plusieurs éditions mémorables, notamment en 2000 à Loch Lomond et en 2019 à Gleneagles. La Solheim Cup 2023 à Finca Cortesin, en Espagne, a établi de nouveaux records d'affluence et de couverture télévisuelle.

Les obstacles institutionnels et leur recul progressif

L'accès des femmes aux grands clubs a longtemps été restreint de manière formelle. Le Royal & Ancient Golf Club of St Andrews n'a admis des membres féminines qu'en 2014, après un vote historique. Augusta National, qui organise le Masters, n'a accepté ses deux premières membres féminines — Condoleezza Rice et Darla Moore — qu'en 2012. Muirfield, l'un des links les plus célèbres d'Écosse, a refusé l'admission de femmes membres jusqu'en 2017. Ces évolutions tardives reflètent l'ambivalence d'institutions anciennes confrontées aux normes sociales contemporaines, mais elles marquent un changement durable : les grandes épreuves féminines accèdent désormais aux parcours les plus prestigieux, et la USGA organise régulièrement ses deux Opens hommes et femmes en alternance sur les mêmes tracés.

La prochaine génération

Les joueuses actives en 2026 — Nelly Korda, Lydia Ko, Charley Hull, Georgia Hall, Céline Boutier — représentent un niveau technique et physique sans précédent dans l'histoire du jeu féminin. Les distances moyennes de drive ont augmenté de plus de vingt mètres en dix ans. Les préparations physiques, les staffs d'entraîneurs et les analyses de données sont désormais équivalents à ceux des circuits masculins. Céline Boutier, numéro un française et parmi les dix meilleures mondiales depuis 2023, incarne la montée en puissance du golf féminin européen continentale après des décennies de domination américaine, australienne et asiatique.

Pour trouver un parcours où vous pouvez vous initier ou progresser, hommes et femmes confondus, consultez la Carte interactive et réservez votre prochaine partie.