← Retour au blog

Les grands moments des Majeurs

L'histoire du golf professionnel s'écrit dans les quatre Majeurs — The Masters, l'US Open, The Open Championship et le PGA Championship — et dans quelques instants précis qui échappent à l'ordinaire pour entrer dans la mémoire collective. Ces moments ne sont pas seulement de bons coups : ce sont des séquences où la pression, l'histoire et le talent humain se rencontrent sur une balle de 42,67 millimètres. En voici quelques-uns parmi les plus marquants.

1986 : Jack Nicklaus et le retour du roi à Augusta

Personne ne donnait cher de la peau de Jack Nicklaus en 1986. À 46 ans, il n'avait plus remporté de Majeur depuis 1980, la presse américaine l'avait déclaré 'through' à la veille du tournoi, et il pointait à quatre coups de la tête après le troisième tour. Ce qui se passa le dimanche reste peut-être le passage de jeu le plus électrique qu'Augusta National ait jamais vu. Nicklaus joua les six derniers trous en 30 coups, avec six birdies, dont quatre consécutifs du 15 au 18. Sa montée du poing au 17 après un eagle au 15 suivi d'un birdie, accueillie par le rugissement du public sous les azalées, reste l'image emblématique de sa carrière. Sa 18e victoire en Majeur, à un âge où ses concurrents étaient déjà à la retraite.

1970 : Doug Sanders et la puttation qui coûta The Open

Si les grands moments incluent les victoires fracassantes, ils incluent aussi les coups manqués qui hantent une carrière. À St Andrews en 1970, Doug Sanders se retrouva avec un putt de moins d'un mètre sur le 18 pour gagner The Open Championship. Il manqua. Jack Nicklaus le battit au playoff le lendemain, et Sanders admit plus tard qu'il lui arrivait encore, des décennies après, de rejouer mentalement ce coup dans son sommeil. Ce putt raté appartient à l'histoire au même titre qu'une victoire.

1986–2019 : La domination de Tiger Woods dans les Majeurs

Impossible d'évoquer les grands moments des Majeurs sans Tiger Woods. Son Masters 1997, remporté à 21 ans avec 18 coups d'avance sur le deuxième — un record — constitue l'une des performances les plus dominantes de l'ère moderne. Son US Open 2000 à Pebble Beach, gagné avec 15 coups d'avance, reste unique dans les annales. Mais c'est peut-être son US Open 2008 à Torrey Pines, remporté avec une jambe fracturée en deux endroits, qui illustre le mieux ce que Woods apporta au sport : une capacité à s'élever au-delà des limites physiques dans les moments qui comptent. Il joua 91 trous avec deux fractures de fatigue du tibia, gagna au playoff contre Rocco Mediate, puis ne rejoua pas pendant le reste de la saison.

1999 : Jean van de Velde et Carnoustie

En 1999, The Open Championship était prévu pour un scénario d'anthologie positif. Au lieu de cela, il livra l'un des effondrements les plus dramatiques de l'histoire du golf. Jean van de Velde, golfeur français relativement peu connu, arriva au 18e trou du dernier tour avec trois coups d'avance. Il avait seulement besoin d'un double bogey pour être champion. Ce qui suivit — balle dans les tribunes, balle dans le Barry Burn, chaussures enlevées dans l'eau, balle retrouvée mais injouable — tient davantage du cauchemar éveillé que d'une partie de golf. Van de Velde termina avec un triple bogey, fut rejoint dans un playoff à trois, et perdit face à Paul Lawrie. Sa sortie du rough en fin de trou, pieds dans le ruisseau, est l'une des images les plus mémorables de l'histoire du sport.

2005 : Tiger Woods au 16e de Masters

Le chip de Tiger Woods au 16e trou du Masters 2005 est probablement le coup de golf le plus revu de l'histoire du sport. Depuis une position délicate dans le rough à gauche du green, il joua une trajectoire basse qui s'éleva, roula lentement sur la surface en pente, s'arrêta sur le bord du trou pendant une seconde — juste assez longtemps pour que le logo Nike apparaisse à la caméra — avant de tomber dans la coupe pour un birdie. Le commentateur de CBS, soudain muet, laissa le silence et les acclamations du public parler seuls pendant plusieurs secondes.

2016 : Dustin Johnson et le penalty de Oakmont

L'US Open 2016 à Oakmont fut entaché d'une controverse rare. Dustin Johnson, en tête dans le dernier tour, se vit notifier en cours de route qu'il risquait un penalty d'un coup pour avoir fait bouger sa balle sur le 5e green — un incident filmé mais dont Johnson avait immédiatement contesté l'interprétation. La décision finale ne fut rendue qu'après la partie, après que Johnson eut joué les treize derniers trous sans savoir s'il était sous le coup d'une pénalité. Il remporta quand même le tournoi avec une marge suffisante, mais l'épisode illustra les tensions entre la lettre du règlement et l'expérience humaine du jeu.

2019 : Tiger Woods et le retour le plus improbable

Onze ans après Torrey Pines, revenu de multiples opérations du dos et d'une période personnelle difficile, Tiger Woods remporta The Masters 2019. À 43 ans, sous les pins d'Augusta, devant un public qui avait cessé d'y croire et qui y croyait quand même — ce Masters fut, pour beaucoup, le moment sportif le plus chargé en émotion de toute la décennie. Pas forcément la performance la plus dominante de sa carrière, mais peut-être la plus signifiante.

Ces moments illustrent pourquoi les Majeurs occupent une place à part dans le golf. Pour retrouver les parcours qui ont écrit cette histoire, ouvrez la carte et localisez les grands noms du jeu à travers le monde.